Texte à venirJ'ai écris hier soir. Voilà bien longtemps que cela ne m'étais pas arrivé. Je suis content. Mais je ne suis pas content. Car ces mots sont sombres, le texte a une tonalité morbide. J'aimerais écrire cuicui les oiseaux chantent... On s'en fout. Je sais pas pourquoi je jette cela...
Texte à venir donc. Ce ne sera pas celui-là.
Je traîne, je traîne... Le premier frisson ne m'anime plus vraiment. Il est en moi déjà ; d'autres indicateurs depuis. Mais de quoi il parle le ijika ? A houi, commençons par le commencement. Eh bien, au début était l'obscurité, puis... quelques temps plus tard -pas mal en fait-, il y a quelques jours pour être précis, je sens quelque chose dans l'air. Peut-être la lumière qui a déjà changé, ne serait-ce que dans ses nuances. Et puis l'après midi, sur une toile savament tissée, une épeire. Pas bien grosse. Elle va prendre du bedon, c'est sûr. Mais tout de même. C'est un des symboles de l'automne cette bestiole au demeurant bien laide, pourquoi l'associer à la saison la plus vibrante ? Premier frisson donc, frisson d'automne... Au moi d'août ? Il est pas bien le p'ti-jika ! Tatata, je m'instruis parfois, et je suis presque rassuré de voir que je ne suis pas le seul à vivre selon un découpage de l'année qui n'a rien d'administratif ^^ Bravo à celles et ceux qui ont lu jusque là : ce que je dis est d'un chiant... [/align]
31 août
L'automne commence le 23 septembre. Ah oui ? Vraiment ? Pfff, balivernes ! Avant. Dès les premiers jours de septembre, les perturbations atlantiques reviennent pleurnicher sur nos terres, dans une atmosphère volontier frisquette à l'heure où le soleil se lève, de plus en plus paresseux. Faut pas lui en vouloir, i la brillé, brilé, tout l'été, l'avez vu se lever à l'heure où vous dormiez ? Cette période, elle correspond au début de l'automne météorologique. La lumière aussi, qui perd en chaleur, le zénith moins haut déjà, et l'appel de la couette bien moins tard pour l'ami soleil. L'on s'en rend compte oui, vraiment, en cette période : les jours sont plus courts. Alors 23 septembre, non. Assurément. Cessez donc de gober sottement ce que le calendrier veut faire croire. Car l'automne, il n'y a pas de date, il commence quand vous le rencontrez. C'est votre coeur qui détermine quand il commence.
1er septembre
Belle pluie aujourd'hui, dans une relative fraîcheur qui tranche avec le coup de chaud d'hier. J'aime pas quand la pluie s'efface, laisse place à un affreux agrégat de nuages mous qu'un soleil tout aussi peu vaillant peine à percer. Déprimant. Et puis non. Pas aujourd'hui. Après le ciel de plomb arrosant généreusement la grise mine des gens aigris, ce ciel certes. Mais ce ne fut qu'une transition. En quelques dizaines de minutes à peine, c'est un beau ciel bleu à peine embêté par quelques cumulus (pour faire joli) qui est venu saluer la fin de la journée. J'aime ^^
02 septembre
La cellule commentaires, de même que le pôle messages privés, rapporte que plusieurs personnes m'encouragent à écrire cui-cui. Passque. Ok :
cui-cui
Voilà. Hum... Rien. Aucune conviction. Je n'y crois pas. A passer tout ce temps dans les tunnels sans fin du métro parisien, l'on a l'esprit qui s'obscurcit, et l'on ne pense plus à rien... que la lumière. Le calme. Chut, plus personne ; plus un bruit... Que le vent qui soulève fugace les feuilles du grand orme, un bruissement qui s'efface avec grâce. Et... Là.. Oui, là, au bonheur d'une branche généreuse, une couvée qui piaille, les entendez-vous :
cui-cui !!
C'est mieux ^^
03 septembre
J'écris tous les jours sur ce truc, ma foi, ça devient un diairy ?!
L'odeur des feuilles humides que la pluie nocturne a laissé avant de poursuivre vers le levant... Cette odeur d'humus que réhausse l'attrait des glands. Symbole de vigueur à l'heure où les feuilles commencent à tomber... L'automne est plein de paradoxes. Et puis un p'tit sourire au coin des lèvres. ; là, le soleil se lève...
04 septembre
La lune est belle ce soir. Elle brille ! Aveuglante pour peu. Vigie de la nuit, que l'on attraperait bien tant elle semble proche... Je ressens le besoin de traînailler quand vient le soir en ce moment, pretexte à être dehors, assister au spectacle du couchant. Je vibre à l'unisson ; ce spectacle, je le vis. J'ai besoin d'être là et de sentir l'automne m'envelopper de sa douce torpeur...
Jeudi 10 septembre
Tout n'est pas rose, bien-sûr. Plutôt mâtiné de marron, de beige voire de teintes ocrées. Mais dites-moi, si je vous demande de confier l'un de vos défauts, sans y réfléchir, que me dites-vous ? SI vous jouez le jeu, je sollicite l'éminent Docteur Van Psyko pour qu'il apporte toute l'expertise de sa vision professionnelle et, s'il est de bon poil, qu'il prodigue ses indispensables conseils ^^
Vendredi 11 septembre
Il y avait des cotillons par-terre. Plein ! Pour dire vrai, le sol en était jonché. Des verres aussi. Fi de leur silhouette élancée, c'est à moitié renversés, complètements vidés qu'ils laissaient émaner les réminiscences festives de la nuit étoilée. Dessus l'interminable table qui n'en finissait de s'allonger, plus guère de convives, non. Qu'une nappe froissée, pliée, déchirée, tâchée, comme autant de témoignages des joutes pacifiques engagées. Il y a la musique aussi : l'entendez-vous ? Entendez-vous l'orchestre jouer et que ne partions tourbilloner sur cette piste trop petite pour nos esprits assoiffés de liberté, tournons, tournons, le monde n'existe plus, tournons encore jusqu'à nous retrouver dans ces lieux inaccessibles où nous riront comme jamais : envoyons valser tout le reste !
Rien. Que le bruit redondant d'une fenêtre male fermée, les caprices d'un vent d'ouest chargé d'anthracite. Une goutte tombe sur le carreau recouvert de poussière : la voyez-vous ? Rien. Une larme coule sur une figuration évanouie...
Mercredi 16 septembre
Des piafs gazouillent dehors... L'air est tiède... Drôle d'impression. L'on se croirait (presque) quelque part entre fin mars et avril ; une de ces matinées où l'on sait que les mauvais jours sont derrière, l'espoir rivé sur les longues et douces journées ensoleillées : las, il est trop tôt pour se réjouir, alors on attend, impatient. Bientôt l'equinoxe : elle brouille les pistes...
Lundi 21 septembre
Ca y est, nous y sommes. Equinoxe*, Mabon...
La Nature est belle, rayonante, l'air est doux.
Pourtant je n'ai pas envie d'être d'humeur exhubérante.
A partir d'aujourd'hui, et pour six mois, les nuits sont plus longues que les jours.
* En fait c'est le 22 cette année.
Jeudi 1er octobre
Il m'est (de plus en plus) difficile d'encaisser la vie parisienne. Je suis fatigué. Fatigué. Fatigué.
Vendredi 02 octobre
Le soir. Je marche dans la rue. Quand soudain mon oeil est attiré par la lune. Oh comme elle brille, étincellante présence ténébreuse, ronde, tel un ventre plein des plus grandes promesses! Quand soudain, mon oeil est attiré par les dernières lueurs du jour. Oh comme ils éveillent un sombre attendrissement, vigies du jour qui s'efface quoi qu'il se passe, et s'en va répendre ailleurs sa lumière salvatrice. Quand soudain, mon oeil est attiré par la lune, là, les dernières lueurs ! Je regarde vers le levant. Le couchant. Le levant encore. Je n'arrive pas choisir, et me prends à rêver d'une vision parabolique qui me permettrait de saluer les deux. Mais il me faut faire un choix. La lune encore. C'est finalement vers le couchant que je jette mon dévolu... Un souffle frais vient à ma face ; je frissone.