Bonjour,
A qui je dis bonjour ? A moi-même, comble du narcissisme ? A toi peut-être aussi, fouineur ou fouineuse de la grande toile. Moi aussi je fouine dans la vie des gens, dans ces blogs qui pullulent : décharge !! Voilà à peu près un mois que je n'ai rien mis en ligne. Et pourtant, des dizaines de visites... Quoi, qu'est-ce qui se passe, qui s'intéresse à moi ? J'ai même reçu des messages "ben non bonhomme, arrête pas"... C'est assez déconcertant... Il y a quelque chose que je ne comprendrai jamais dans la blogosphère...
J'ai relu un blog il y a pas longtemps. Quelqu'un que je virtuelaimebien. Pris le temps de le détailler. Qu'est-ce que je vois ? En premier lieu quelqu'un qui manque cruellement de confiance. Thématique qui transpire dans tout le blog, fil conducteur bien trop fin, cassera t-il un jour ?
Et puis quelqu'un de... désabusé. Et déçu. J'ai été très touché par un article en particulier. Ca parlait d'un gosse qui rêve le monde des grands ; et puis le gosse devient un grand ; et puis le grand ne comprend rien à ce monde qui n'est pas celui qu'il s'était représenté, ô désillusion !
Ce n'est pas (si) grave. C'est normal d'avoir ces écrits à 16 ou 18 ans. Plus à mon âge. Cela me préoccupe. Je suis resté bloqué à la case "16 ans", littéralement sctotché. Je ne souhaite pas détailler. J'ai aussi 16 ans, c'est tout. Et puis 8. Mais c'est une autre histoire...
Je suis sensé avoir un bon job dans une bonne boîte, avec les collègues sympas que j'invite le dimanche à déjeuner ; une p'tite femme, deux gosses, un putain de clébard que je sors le soir en saluant mon nouveau voisin, faut faire bonne impression hein ; un propret pavillon de banlieue avec emprunt sur 12 ans à 4.5%. Et puis une bagnole grise série limitée avec plein d'équipement marquée Scenic ou Espace ou quelque chose du même acabit. Et puis je suis sensé être satisfait de cette vie au demeurant bien réglée.
Ce n'est pas exactement cela...
J'ai 16 ans. En opposition sur pas mal de choses. Soit. Mais pas fichu de projeter. Ou alors sur la comète. Je rêve d'une vie meilleure, et je ne fais pas grand chose pour améliorer celle-ci. Et puis je m'interroge sur la norme.
Dois-je ériger cette représentation en vérité, merde !! Il y a ce putain de moule qui me nargue. Toujours là. Dégage, salaud !! Je ne veux pas rentrer dans le moule !
Et puis parfois je veux quand même rentrer dedans. C'est fatiguant de ne pas y être. Et usant... Mais j'ai un problème. Je ne sais pas rentrer dedans. J'ai essayé. A maintes reprises je dois dire. Invariablement l'échec. Le moule n'est-il définitivement pas pour moi ? Faut-il vraiment rentrer là-dedans ?
Ah, et puis oui, il y en a des quantités de moules. il y a celui de la gentille famille avec le clébard bien-sûr ; je l'aime bien celui-là, il est très propre et rassurant. Il y en a pléthore d'autres. Du plus crade au plus glorieux. Inutile de les détailler. Avec comme dénominateur commun de répondre à une norme donnée.
Eh bien si c'est ça, je ne suis pas normal. Je ne rentre nulle part. Mais c'est lourd à porter. Trop lourd. Que faire, ô inextricable dessein !
"Regarde au dehors", me chuchote alors Gaïa, mère de toutes les mères.
On n'a jamais fini d'apprendre à observer la Nature. C'est la troisième partie de l'automne. La plus triste et la plus déprimante. Celle qui rime avec arbres effeuillés, courtes journées, obscurité, déclin de la lumière, gris, et tutti quanti... En fait, non. La nature s'adapte. Plutôt bien je trouve. Rapartons de notre arbre qui perd ses feuilles.
C'est somme toute... naturel. Quand les journées sont longues, les feuilles affamées captent les rayons du soleil, et synthétisent la chlorophylle qui leur donne cette teinte. Moins de lumière ? Moins de soleil ? Pas de problème, l'arbre s'adapte. Les feuilles n'ont plus leur nourriture solaire, leur pigmentation va de paire, jusqu'à se laisser choir. Tout bonnement. En accord avec les éléments.
Loin d'ici, très loin d'ici, vers Le Cap. Le réchauffement climatique se fait sentir. Si bien que l'on a observé (au moins) une espèce jusque là à feuille caduque, dont le feuillage devient maintenant persistant.
Encore une fois, à la fois remarquable et simple adaptation de l'arbre aux conditions climatiques. Et pourquoi pas nous, simple primates sans notre pareil pour nous compliquer la tâche ?
Alors oui, cette troisième partie d'automne n'est pas déprimante. Elle célèbre plutôt la continuelle adaptation de la Nature, en accord avec les éléments.
Les journées sont courtes ? Certes des obligations, mais aussi la possibilité de se laisser aller à un rythme différent, moins soutenu. L'occasion de s'adonner chez soi à la pratique des arts aussi. Ne serait-ce qu'écouter ou jouer un peu de musique, griffonner quelques traits ou quelques mots sur une feuille de papier. Prendre des photographies ou admirer la création inspirée des salles de musée.
J'aspire être en accord avec moi-même.
L'idée est lancée. Je ne sais pas encore (avec précision) comment y parvenir, quelle "stratégie" mettre en place, quoi laisser s'exprimer... C'est un peu confus je dois dire. Il faudra aussi prendre en compte les impondérables. Quitte à en changer la vision. Et, peut-être plus encore le rendu, l'adaptation.
Cela ne va pas faire de moi quelqu'un de populaire. Logique. Plutôt que faire encore -encore !- le dos rond -il ploie !- j'aspire à m'exprimer, en accord avec moi-même. Si Ducon m'importune, je lui dit ; si Dugland m'insupporte, là aussi je lui dit. Sans animosité. Mais avec fermeté. Et conviction dans le propos et dans l'attitude. Que les choses soient claires.
Et je m'en irai à la pause déjeuner seul. Et je ne prendrai plus part à ces regroupements vides que la norme impose. Je ne sucerai plus le derche de quiconque j'aurais besoin pour ceci ou cela. Libre. Affranchi de toute contrainte sociale étouffante. Et puis j'irai pointer dans ces bureau où l'on ne voit que l'ombre des emplois ; des tas d'ombres, des tas d'emplois, las, jamais le bon. Fuck society !! Fucking society...
Il ne s'agit pas non plus d'être un ours mal léché, fuir pour se réfugier dans une cabane au fond des bois -ermite !- ou adopter des comportements nuisibles à l'ordre public. L'ordre public est, et doit être respecté.
Le défi, si je puis dire, est de m'affranchir du joug ; être et non plus paraître... dans un système régit par des règles, des codes, des obligations, de vie en société.
Edicter mon intégrité.
Etre en accord avec moi-même.
Libre.


